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Discussion : Rupture contrat / surmenage / pression / ancienneté

  1. #1
    Membre Benjamin

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    Bonjour,


    je travaille depuis 20 ans dans un grand groupe français. Je suis ingénieure expert en cybersécurité. J'ai obtenu une mutation il y a un an dans une entité plus proche de mon domicile (je passais auparavant 3 à 4 heures dans les transports chaque jour).


    Je me retrouve aujourd'hui seule à devoir assumer l'ensemble des activités de cybersécurité dans cette entité, alors même que dans mon ancien poste, j'aurais eu au moins 5 collaborateurs pour couvrir ce périmètre.


    En juillet 2017, j'ai indiqué à ma N+2 qu'il fallait recruter pour m'épauler. Elle a entendu le message et initialisé les actions pour renforcer les effectifs cyber. Elle a été écartée de ses fonctions en septembre 2017 (et a négocié une rupture conventionnelle). Elle a été remplacée. Ma nouvelle N+2 a décidé que comme (je cite) "la cybersécurité n'est pas notre coeur de métier", il n'y aura pas de renforts. Pour information, je travaille pour un très grand groupe français qui bâtit sa réputation sur la cybersécurité et qui exige de ses filiales d'être "cybersecured".
    La semaine passée, lors d'une réunion entre 6 yeux (mon N+1 était présent), elle m'a hurlé dessus en me disant que j'y mettais de la mauvaise volonté.


    un audit de la maison mère conduit en décembre 2017 a indiqué: "manque de ressource en cybersécurité". En mars, dans mon évaluation annuelle, j'ai indiqué que ma charge de travail était trop importante et que j'étais obligée de compenser le soir, le mercredi (je suis à 4/5), les weekends pour tenir les jalons. Rien ne se passe: ma N+2 et mon N+1 continuent de me mettre la pression.


    Je travaille 10 à 11h non stop par jour (j'ai rarement le temps de déjeuner). Je compense en permanence le soir à la maison, le mercredi, le week-end. Mon N+1 est parfaitement conscient de cette situation: lors d'une réunion avec un de mes collègues qui se plaignait de devoir travailler le weekend, il a indiqué que moi je travaillais le mercredi et que je n'étais pas payée!



    Je ne dors plus: je prends des somnifères depuis des mois. J'ai doublé ma dose il y a 2 semaines. Je suis exténuée physiquement et moralement. Je me lève chaque matin avec une boule au ventre.



    Je veux rompre mon contrat le plus rapidement possible pour m'éloigner de ces gens toxiques. Je ne veux pas démissionner car je ne suis pas responsable de cette situation. Je veux pouvoir toucher le chômage en attendant de retrouver un poste.


    Que dois-je faire?


    Par avance, merci de votre aide

  2. #2
    Qm11
    Visiteur
    Allez tout d'abord voir votre médecin et la médecine du travail, vous êtes au bord du burn-out voire déjà en plein dedans donc votre santé d'abord : il faut arrêter ce cycle infernal.
    Ensuite une fois la pression retombée vous aurez les idées plus claires pour prendre les bonnes décisions.

  3. #3
    Pilier Sénior

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    Bonjour,

    Je ne dors plus: je prends des somnifères depuis des mois. J'ai doublé ma dose il y a 2 semaines. Je suis exténuée physiquement et moralement. Je me lève chaque matin avec une boule au ventre.

    Peut être commencer par voir un médecin?
    Si votre emploi nuit à votre santé, il faut en passer par là .
    Parce que si vous êtes obligé de vous mettre en arrêt, ils seront peut être obligés de réfléchir au problème?

    Et vous, vous aurez peut être les idées plus claires, pour savoir comment rebondir ...
    Au niveau du droit, soit on est licencié soit on négocie une rupture conventionnelle, soit on démissionne.
    Pour les deux premières options, je ne vois pas pourquoi ils feraient cela vu qu'ils ne retrouveront pas forcement une personne de votre expérience et acceptant cette charge de travail .

    ---------- Message ajouté à 12h04 ---------- Précédent message à 12h03 ----------

    Message croisé Qm11

  4. #4
    Membre Benjamin

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    Merci pour ce premier retour
    J'ai conscience d'être sur le fil.
    J'ai posé ma journée aujourd'hui pour aller chez le médecin et j'ai besoin de conseils pour la suite. Je sais que je ne dois pas rester dans cette entreprise (beaucoup de départs, beaucoup de gens mutés ne restent pas: il y a un problème de fond qui ne se résoudra pas comme ça. Les problèmes de management seront toujours présents à mon retour d'AT).


    Que me conseillez-vous?
    1. je prends rendez-vous chez le médecin
    2. dois-je contacter mon employeur (ressources humaines, médecin du travail, hierarchie) pour lui signifier que je craque
    3. dois-je signifier à mon employeur que je veux partir? Quel type de rupture puis-je envisager?

    4. dois-je contacter un avocat maintenant?

  5. #5
    Pilier Sénior

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    Bornez vous à la première option pour le moment ; un arrêt de travail peut déverrouiller des choses chez vous, et chez l'employeur .

    Pour le reste c'est la première option, qui pourra faire la différence au niveau de la médecine du travail et de votre employeur .

    Ne mettez pas la charrue avant les bœufs .

  6. #6
    Membre Benjamin

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    Je veux m'en aller: un arrêt de travail ne changera pas mes conditions de travail, ni la pression qui est la mienne, ni ma hiérarchie.

    A mon retour, les dossiers seront là où je les ai laissés et la charge sera la même. Je serai au mieux placardisée par ma N+2, ce que je refuse car j'adore mon métier. Le fond du problème est ma N+2: elle estime que je peux me débrouiller seule (elle ne connait rien de mon métier) et que si je n'y arrive pas, c'est que je ne suis pas compétente (mon dossier professionnel des 19 années précédentes indique tout à fait l'inverse). Différents audits ont été réalisés et ont toujours mis en évidence un problème de ressource. Elle s'entête, n'admet pas qu'elle se trompe. Je préfère me démettre plutôt que de déraper au travail.



    J'aimerais savoir qu'elles sont options qui s'offrent à moi pour partir vite de cet enfer et ne pas me retrouver à la rue.

  7. #7
    Membre Sénior

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    Bonjour,

    vous devriez suivre les conseils de Kang74.
    Un arrêt de travail ne résoudra pas tout mais vous permettra de vous reposer moralement et physiquement et de prendre les bonnes décisions. En ce moment vous n'en etes pas capable. Il vous faut cet arrêt pour, après, pouvoir agir au mieux de vos intérêts.
    Quand les gens disent "Il faut vivre avec son temps", ils veulent dire en réalité : "Vous devez vivre à ma façon".

  8. #8
    Pilier Cadet

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    Bonjour,

    Je vous conseille aussi afin de parer à toutes éventualités de :
    - récupérer toutes les preuves actant des problèmes de charge de travail (Agenda, comptes rendus de réunion, support d'entretien, mails, attestations, log de connexion, etc ...) et de vos demandes
    - je suppose que vous êtes au forfait, tenez un agenda sous forme fichier excel avec vos heures de début de travail et fin de travail (idem durée de pause déjeuner) - y compris sur les jours normalement non travaillés - les preuves de connexion et d'échange de mail sur vos jours de repos - avez-vous eu des entretiens de suivi de la charge de travail si vous êtes en forfait - vérifiez ce que prévoit votre convention de forfait

    Comme recommandé, il vous faut être en capacité de prendre du recul et d'analyser sereinement votre situation. Prenez d'abord un arrêt de travail pour voir si cela débloque la situation, et si cela n'est pas le cas, voyez le médecin du travail rapidement afin que vous ayez une trace à son niveau dans votre dossier et demandez si cela est possible une copie de votre dossier médical (pour vos preuves) - avez-vous eu par exemple une prise ou une perte de poids importante entre votre dernière visite et maintenant ?

    J'ai déjà vu le cas où pour protéger le salarié, le médecin du travail a émis une inaptitude temporaire au sein d'une entreprise particulière et a contacté l'entreprise pour une demande de reclassement dans le groupe. C'est une piste pour vous afin de ne pas perdre votre ancienneté - finalement cela avait fini par une "séparation" avec une très grosse transaction - le tout sécurisé entre avocats.

    Vous avez une grosse ancienneté, ne démissionnez pas comme ça ...sur un coup de ras-le-bol... à moins d'avoir un autre job en vue

    Bon courage

  9. #9
    Membre Benjamin

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    Merci Bil39,


    Comme vous l'avez deviné, je suis au forfait mais je ne note pas mes heures d'arrivée /sortie. Je badge chaque matin et soir: je ne sais pas si je peux récupérer les logs des horaires badgés. La convention collective ne précise pas de durée maximum hebdomadaire.

    J'ai déjà mis de côté un compte-rendu d'audit qui indique "manque de ressources". Je peux faire une capture d'écran de mon entretien annuel dans lequel j'indique devoir compenser sur mon temps personnel. J'ai aussi mis de côté la présentation faite à mon ancienne N+2 en juillet, présentation dans laquelle je présentais le dispositif de ressources minimum cyber à mettre en place dans l'entreprise.
    Par ailleurs, l'intitulé de mon contrat de travail indique "Ingénieur Cybersécurité" et dans les faits, on me demande, en plus de mes activités d'expert, de mettre en place la roadmap des activités cyber pour l'entité ET d'être la coordinatrice des activités cyber à l'échelle mondiale (j'ai reçu une note de nomination il y a un mois alors qu'on ne m'a pas présenté cette activité...).


    Je n'ai pas rencontré le médecin du travail depuis ma mutation (j'ai manqué mon RDV annuel suite à l'hospitalisation de mon fils). Me recommandez-vous de contacter mon médecin du travail (email, lettre) lors de mon probable AT?

    J'ai demandé un RDV avec les ressources humaines de mon entreprise: quelle stratégie me recommandez-vous?

  10. #10
    Pilier Cadet

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    Bonjour,

    Les durées maximales journalières et hebdo sont dans le Code du Travail .... Je connais ce système de badge pour les forfaits, il enregistre votre présence mais pas les horaires et généralement il y a un moment où on vous demande de valider ou on vous invite à écrire si vous le souhaiter ... " Par votre signature, vous reconnaissez avoir organisé votre travail de façon à respecter les durées minimales de repos quotidien et hebdomadaire légales et règlementaires en vigueur, soit, au minimum, 11 heures entre deux journées de travail et 48 heures incluant le dimanche entre deux semaines de travail. Merci de nous faire part de vos remarques éventuelles ou des difficultés rencontrées dans l’organisation de votre temps de travail." Normalement c'est à cette occasion que vous devez faire part de vos pbs de surcharge éventuelle de travail.

    Accumulez le maximum de preuves ... si vous envoyez des mails ou que l'on vous en adresse sur vos jours de repos, faites des copies-écran ou mieux transférez vos mails sur une boite perso pour garder les entêtes informatiques.

    C'est aussi par le biais des mails si vous en envoyez beaucoup que vous pouvez démontrer vos heures de début et de fin de journée.

    Je n'ai pas de stratégie à vous recommander, il y a tellement de paramètres à prendre en compte .... peut-être envisager/demander une mutation ailleurs ?

    Mais, il serait quand même pas mal, à mon sens, de voir le médecin du travail - au moins pour acter dans votre dossier - vous appelez la médecine du travail et vous prenez un rendez-vous - laissons les autres membres du forum s'exprimer sur ce sujet

  11. #11
    Pilier Junior

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    Bonjour,


    si je peux me permettre il y a 2 urgences :
    - Voir votre médecin pour vous arrêter, pas obligatoirement longtemps, mais le temps de vous reposer et d'adapter votre traitement. Votre médecin traitant peut aussi être un bon lien avec la médecine du W.
    - Mais aussi comme le dit Bil39 récupérer toutes les preuves, et si votre état vous le permet, avant de vous mettre en arrêt. Sinon à votre retour selon les intentions de votre employeur, elles peuvent avoir disparu....

  12. #12
    Pilier Sénior

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    trotinette60, l'arret n'est pas une option à moins que vous considériez que la pression ne vous affecte pas, et donc par de là, qu'il n'y a pas lieu d'avoir de procédure ultérieure :
    Article 222-33-2 En savoir plus sur cet article...
    Modifié par LOI n°2014-873 du 4 août 2014 - art. 40
    Le fait de harceler autrui par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende.
    Un arrêt de travail prouve que cela altère votre santé physique et mentale ( sans cela ... rien ne le prouve .)

    Le reste est plus ... compliqué .

  13. #13
    Membre Cadet

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    Bonjour Trotinette et autres personnes du forum.



    Je suis dans la meme situation que toi Trotinette (sauf que je me déplace à vélo).
    J'étais à bout à cause d'un chef toxique, d'une direction versatile (qui m'affirmait que mon chef serait destitué pour que je puisse travailler dans de meilleures conditions) et de personnes sous ma responsabilité qui ne me respectaient pas et faisaient des fautes professionnelles à répétition, mais avec l'appui de mon chef donc non inquiétés.

    Finalement problèmes de sommeil, perte de poids, début de dépression ... heureusement je vais voir une psychologue une fois par semaine (mais à quel coût?) et j'ai enfin eu le courage d'aller consulter un médecin : je suis en arrêt depuis 5 jours. Le médecin a dit : "on ne peut pas accepter que le travail vous mette dans cet état, il vous faut une pause".



    Avant d'avoir eu le courage d'aller consulter, je voulais démissionner pour enfin mettre fin à cette situation, mais le repos permet vraiment de prendre du recul.


    Ne jamais démissionner sur un coup de tete : voilà ce qu'on me répétait.
    Oui mais j'en peux plus : je me disais.
    Aujourd'hui je me dis : oui ils avaient raison : ne jamais démissionner sur un coup de tete : si tu es surmenée, vas voir un médecin.
    L'arrêt maladie te permettra de reprendre des forces et du recul... (meme s'il dure 1 semaine ou 15 jours pour commencer).
    Surtout ne pas culpabiliser (facile à dire... moi je culpabilise encore, mais je pense que c'est normal car trop consciencieuse).


    Bon courage.

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