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Forum juridique de Net-iris

harcèlement


maitetxu

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Bonjour à tous et merci d'avoir pris la peine de lire mon message.

Je suis enseignante et un parent d'élève vient de contacter le Proviseur du lycée dans lequel je travaille pour se plaindre de l'état dépressif de son enfant qui serait d'après lui lié à du harcèlement de ma part.

En fait, je me contente de répéter à cet élève de se taire dès qu'il bavarde (c'est très fréquent, voire constant) en termes toujours corrects mais le ton par contre, dépend du nombre de fois où je dois le lui répéter en une heure de cours (c'est le cas pour tous les bavards impénitents).

De plus, lorsqu'il n'a pas fait son travail, je lui en fait de plus systématiquement le reproche (c'est là encore fréquent) comme je le fais avec tous mes élèves. Bref, il s'agit d'une situation banale d'un élève de 2de qui a du mal à s'adapter aux exigences de lycée, situation aggravée par le fait que souhaitant réellement aider cet élève (et les autres) à progresser, après avoir expliqué mes exigences et leur bien-fondé en début d'année scolaire, je les maintiens sans faillir ce qui pose problème à une infime minorité de parents (qui est malheureusement une minorité agissante).

J'ai discuté avec l'élève qui a reconnu que mes remarques à son endroit ne concernaient que des enfreintes au règlement intérieur du lycée (bavardages, travail non fait) et vais rencontrer le père et le fils la semaine prochaine.

 

Néanmoins, et si je suis tout à fait tranquille quant à la fausseté des accusations, je m'interroge à deux sujets :

La définition juridique du harcèlement est qu'il s'agit de "faits répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité". Si je me contente de faire mon métier et de tenter d'enseigner à mes élèves, le maintien d'un certain cadre, de la règle, implique obligatoirement la "répétition" tant des félicitations, des encouragements, que des sanctions et de remarques constatant le travail non fait... Si tout cela ne vise qu'à faire progresser les élèves, une vision un peu "tordue" de la loi ne pourrait-elle, chez un enfant psychologiquement fragile ou pour des parents manipulateurs dont l'enfant souffrirait de troubles psychiques pour X ou Y raisons, ce qui arrive malheureusement, ne pourrait-il pas être assimilable à du harcèlement d'un point de vue strictement juridique. Autrement dit, un élève perturbateur et en échec scolaire psychiquement fragile ne pourrait-il faire porter à l'école le poids de son instabilité en arguant que ce sont les sanctions répétées, assimilables à du harcèlement qui le déstabilisent psychologiquement. Mon bon sens me dit que non bien entendu car dans le cas contraire, cela priverait tout enseignement de sens mais n'étant pas juriste, je préfère en avoir le coeur net.

 

Par ailleurs, puis-je, une fois que j'aurai rencontré ce parent avec son enfant et que je lui aurai démontré la fausseté de ses accusations par l'absence totale de "faits répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité", porter plainte pour diffamation publique. En effet, la Proviseure est au courant et l'ensemble du lycée (qui s'en amuse d'ailleurs me disant que tous les professeurs consciencieux sont des harceleurs). Je souhaite juste montrer à ce père (par la menace, même si je ne porte pas plainte effectivement) qu'on ne peut pas impunément tout dire à n'importe qui, salir un enseignant sans avoir au préalable entendu la personne en question.

Merci à tous pour vos réponses

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A mon humble avis, avant de partir dans des menaces de plaintes pour diffamation, attendez d'avoir rencontré le père et de vous être expliquée avec lui. Son fils lui a peut-être mal expliqué le contexte et le père est dans ce cas là en train de défendre son fils ;)

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Grishnak, merci de votre réponse. Vous avez raison, et j'ai bien entendu rendez-vous avec le père ce vendredi afin que nous puissions échanger. Le fils ayant reconnu devant moi à plusieurs reprises qu'il ne travaillait pas et qu'il bavardait, je ne doute pas qu'il s'agisse d'un malentendu et que le père ne revienne sur ses propos lors de notre entretien. Néanmoins, et même si je ne souhaite donner aucune suite juridique à tout cela, il me semble important que le papa prenne conscience que les accusations portées contre moi sont graves, surtout auprès de mon supérieur hiérarchique et que les mots ont un sens. Le harcèlement moral est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et de 30.000 € d'amende et au minimum de sanctions disciplinaires.

Merci en tout cas de m'avoir répondu et bonne journée à vous.

:)

Maitetxu

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