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Discussion : La prison est-elle une sanction efficace ?

  1. #1
    Support Utilisateur et Modération

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    Bonjour,

    La question est loin d'être innoncente. En plus d'avoir été un sujet du concours d'entrée à l'Ecole Nationale de la Magistrature, dans une formulation approchante, il s'agit d'un vrai sujet d'acutalité.

    En effet, après la loi sur les récidives permettant de maintenir enfermés des détenus semblant présenter des risques de récidive à la fin de leur peine, la France s'engage à construire trois nouveaux établissements pénitentiaires comme le confirme cet article d'actualité publié sur Net-iris. Certes, la situation dans les prisons françaises est dramatique, un rapport d'il y a quelque 2 ou 3 ans de l'office international des prisons ayant mis la France au niveau du Belarus, tout petit Etat issu de l'explosion de l'URSS. C'est dire.

    Les statistiques relatives aux suicides dans les prisons sont discrètes, mais on sait que ce sont des lieux de criminalité importante (les viols y étant paraît-il monnaie courante, au moins dans les prisons centrales) ou des écoles de la criminalité.

    Autre question: de nombreuses entreprises ont trouvé une alternative à la délocalisation: le fait de faire travailler les détenus pour des tarifs (ou salaires) défiant toute concurrence locale. Est-il préférable de faire travailler un prisonnier ou de donner une liberté conditionnelle pour permettre de travailler ?

    Que faire dans ces conditions ? Le développement des peines, de leur prononcé par application de la loi notamment avec des peines planchers, l'exécution des peines est un problème sociologique au moins autant que juridique.

    Mais vous, que pensez-vous de tout cela ? Ca fait beaucoup de questions, le sujet est complet et complexe, mais exprimez-vous. Si besoin, nous diviserons le sujet en plusieurs.
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  2. #2
    Membre Benjamin

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    la prison, efficace ? efficace pourquoi ?
    pour casser, pour mettre encore plus de rage dans les gens qui sont incarcérés, et explosent à leur sortie !
    je suis restée 9 mois enfermée, il y a plus de dix ans de cela.
    aujourd'hui j'ai été tirée au sort pour être jurée en cour d'assise , ce côté-là de la barrière n'est guère confortable non plus croyez-moi !
    en tant que juré on a été visiter une prison.
    j'entendais des jurés s'exclamer "ah! mais c'est mieux qu'à la maison ! " parce que les détenus pouvaient avoir accès à canal + ..
    j'ai rappelé au passage qu'en prison tout se payait, même le PQ ou les tampax chez les femmes. et c'est plus cher qu'ailleurs.
    là où j'étais enfermée, une cellule repeinte en rose, avec des couettes avec des fleurs, un coup de bombe désodorisante au dernier moment, c'était une mise en scène pour les jurés qui venaient (extrêmement rarement) visiter le quartier femme.
    àcôté nous étions 3 dans une cellule pour 2 avec un matelas par terre, des murs et fenêtres rouillés..
    en prison il n'y a pas d'eau chaude non plus, ni séparation pour les w.c et vous restez 22h sur 24 enfermés. parfois plus.
    le mitard reste légion, pour tout et n'importe quoi, juste une réflexion parfois. et là vous n'avez même pas droit à une fenêtre, le lit est en ciment, juste une couverture pour la nuit.
    vous sortez de prison avec la rage, perso j'ai explosé et ma conduite fut pire qu'auparavant car je n'avais plus rien, ni toit, rien.
    en tant que toxicomane à l'époque, comme les 90% des femmes incarcérées en même temps que moi il aurait mieux valu que je sois envoyée en cure. cela m'aurait été plus bénéfique.
    la prison m'a fait perdre du temps, j'ai appris à être une vraie délinquante puisque nos conversations ne tournaient qu'autour de ça et des délires toxicomaniaques qu'on allait avoir une fois dehors.
    les filles qui sortaient en permission au bout d'un an revenaient dans un état pas possible.
    à l'intérieur pour bien vous abrutir on vous administre "la fiole" : une combinaison de médicaments (benzo, neuroleptiques etc) écrasés pour que vous les buviez, vous ne savez pas ce que c'est mais vous dormez et n'em*****z personne.
    on voit des vedettes se produire en prison : cella arrive une fois tous les cinq ans et jamais en province.
    j'ai fini par faire une cure, un an dans un endroit semi-fermé mais c'est moi qui le voulais, mais deux ans plus tard.
    j'ai perdu du temps en prison, fréquenté des gens que je n'ai pas envie de revoir mais auxquelles je souhaite bonne chance.

  3. #3
    Support Utilisateur et Modération

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    Je vous remercie de votre témoignage. Votre vécu vous permet-il de penser aujourd'hui à une sanction alternative à la prison ?

    Je remercie par avance tout le monde de ne pas juger les propos sur le ton parfois dur ou provocateur, mais sur le fond des propos tenus par Sam68.
    Dernière modification par Animateur Communautaire ; 22/02/2008 à 10h29.
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  4. #4
    Pilier Junior

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    Bonjour
    je crois que la plupart des reproches faits aux prisons ne concerne pas le fait d enfermer, mais des conditions pénitentiaires.
    Et il y a d ailleurs une prise de conscience.

    si on lit le post du dessus les reproches sont uniquement sur ces conditions de détention

    je suivrai ces faits aussi. Et je suis de tout coeur pour améliorer ces détentions, rendre les peines plus humaines et favoriser la reinsertion
    d ailleurs que l on soit enfermé dans la toute dernière prison et une non rehabilitée montre des disparités hallucinante

    PAr contre, la prison est très importante en tant que telle, la peur de la prison et la peur de la justice doivent prédominer.

    A mon niveau, je vois des milliers de jeunes (de 15 a beaucoup + !!) qui n ont strictement rien a faire de la police ou de la prison. ils savent qu'ils ne risquent rien (le nombre de fois ou ils sont confrontés a la justice et qu ils n ont rien du fait des prisons pleines...)
    Pour une agression de personne j ai déja vu un juge donner une place de ciné a un jeune a Bobigny pour qu il ne fasse pas de c...... le soir

    ou encore lorsque je suis confronté a de la violence sur les immeubles que je gère,
    si je dis que j appelle la police ils rigolent
    si je dis que j'envoie mes agents de secu , ils se calment
    ........

    la peur du flic et de la prison n existe pas
    a tel point que lorsque les délinquants vont en prison ils ne comprennent pas, ils y ont tellement échappé que...

    enfin ce n est que mon avis

  5. #5
    Support Utilisateur et Modération

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    Après la validation par le Conseil constitutionnel de la loi sur les criminels dangereux hier, sous réserve de non rétroactivité, je voudrais poser une question:

    La peine de prison purgée à concurrence de la durée prononcée (éventuellement déduite de réductions de peine calculées conformément à la loi) est-elle suffisante pour rendre sa liberté à un condamné ? Si ce n'est pas le cas pour les criminels dangereux, comment détermine-t-on la dangerosité d'une personne qui a été condamnée à au moins 15 ans de prison (et qui donc en a vraisemblablement passé minimum 7 à 10 en rupture totale avec le monde extérieur) ? Pour avoir eu l'occasion de discuter de l'état d'esprit d'une personne qui sort de prison avec une personne qui l'a vécu et pour avoir lu le message de Sam68 ci-dessus, je me demande si certains pourraient effectivement être qualifiés de non dangereux: le sentiment de revanche, la "haine" ou le fait qu'ils soient cassés personnellement font que les gens qui en sortent ne me semblent pas présente rles meilleures garantie de réinsertion dans la csociété, même quand il un travail ou une famille les attend (ce qui ne me semble pas le plus courant pour le travail au moins...).

    De plus la loi prévoit que l'enfermement pendant des périodes renouvelables d'un an a pour objet de permettre à la personne condamné de se réinsérer sereinement dans la société aussi bien que d'éviter des risques à l'encontre de la société. La fin de peine purgée en prison ne pourrait-elle pas servir à aider à cette réinsertion ?

    AUtrement dit, le suivi de la peine et la gestion des peines (comme on parle de gestion des carrières en entreprise par exemple, si vous me permettez le parallèle) ne serait-elle pas aussi efficace, à un coût équivalent, tout en permettant d'assurer aussi une réelle effectivité des peines prononcées ?

    J'admets qu'on en revient aussi à l'article cité initialement, annonçant la construction den ouveau centres pénitentiaires. Mais construire pour construire, cela rend-il la sanction plus efficace ou plus pertinente ?
    Dernière modification par Animateur Communautaire ; 22/02/2008 à 10h43. Motif: Typo
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  6. #6
    Pilier Sénior

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    Citation Envoyé par Animateur Net-iris Voir le message
    Bonjour,

    La question est loin d'être innoncente. En plus d'avoir été un sujet du concours d'entrée à l'Ecole Nationale de la Magistrature, dans une formulation approchante, il s'agit d'un vrai sujet d'acutalité.

    En effet, après la loi sur les récidives permettant de maintenir enfermés des détenus semblant présenter des risques de récidive à la fin de leur peine, la France s'engage à construire trois nouveaux établissements pénitentiaires comme le confirme cet article d'actualité publié sur Net-iris. Certes, la situation dans les prisons françaises est dramatique, un rapport d'il y a quelque 2 ou 3 ans de l'office international des prisons ayant mis la France au niveau du Belarus, tout petit Etat issu de l'explosion de l'URSS. C'est dire.

    Les statistiques relatives aux suicides dans les prisons sont discrètes, mais on sait que ce sont des lieux de criminalité importante (les viols y étant paraît-il monnaie courante, au moins dans les prisons centrales) ou des écoles de la criminalité.

    Autre question: de nombreuses entreprises ont trouvé une alternative à la délocalisation: le fait de faire travailler les détenus pour des tarifs (ou salaires) défiant toute concurrence locale. Est-il préférable de faire travailler un prisonnier ou de donner une liberté conditionnelle pour permettre de travailler ?

    Que faire dans ces conditions ? Le développement des peines, de leur prononcé par application de la loi notamment avec des peines planchers, l'exécution des peines est un problème sociologique au moins autant que juridique.

    Mais vous, que pensez-vous de tout cela ? Ca fait beaucoup de questions, le sujet est complet et complexe, mais exprimez-vous. Si besoin, nous diviserons le sujet en plusieurs.
    Je minterroge sur une société qui conserve en prison, après l'exécution de leur peine, des délinquants fussent ils dangereux, car c'est le premier pas possible vers d'autres dérives. c'est quoi être dangereux pour autrui, et pourquoi pas demain l'alcoolique au volant qui tue. C'était un de nos grands principes de libérer ceux qui payaient leur dette à la société, après l'emprisonnement. En réalité la question de fond est celle relative à la qualité de "malade" de ce type de délinquant. Ceux-ci ont été expertisés pendant la phase d'instruction par des psy et après la condamnation ont ils été suivis et traités comme tels ? Tous les rapports sur les soins en prison sont dramatiques. Ces "malades" ne sont pas responsables de l'absence de soins, une société responsable de ses citoyens doit les prendre en charge dans des unités spécialisés des hopitaux psychiatriques. Mais tout ceci a un coût !
    Je suis délinquant ou je suis reconnu comme malade, alors dans ce dernier cas qu'on m'oblige, car potentiellement dangereux à trouver des traitements pour résilier cette maladie, on pourrait admettre cette restriction des libertés car on si on ne laisse pas les fous en liberté, il est aussi normal de ne pas laisser des gens dangereux, libres.
    Chaque individu a une histoire qui lui est propre, chaque désordre psychologique a ses raisons. Il faut du temps pour soigner une dépression nerveuse, il faut du temps pour soigner des délinquants malades, alors que la société les prennent en charge. Le traitement de cette question par quelque bord politique qu'il soit n'est que la face cachée d'une société qui se déshumanise, car la prise en charge des problèmes collectifs de telle ou telle partie de citoyens a de plus en plus de difficulté a être réglée.

  7. #7
    Pilier Cadet

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    La peine de prison

    La prison a entre autre pour objectif de protéger la société de personnes pouvant atteindre à la sécurité des biens, des individus ou de la nation, plus ou moins longtemps selon la gravité des faits pour lesquels elles ont été condamnées et le danger potentiel que ces personnes représentent.

    Elles sont donc écartées de la société et cela forme aussi une punition.

    Or, des rares personnes que je connaisse ayant fait de la prison, elles ont toutes été, chacune à leur façon, détruites.

    Détruites par les multiples négligences d'un système, à tous niveaux:
    - humain
    - médical
    - sanitaire
    ...

    Il est compréhensible de penser que tant de négligences ne peuvent qu'être issues d'une volonté.

    Nous ne condamnons pas ces personnes à ne plus recevoir des soins médicaux adéquats, à faire face quotidiennement à la violence sous différentes formes. Pourtant dans les faits c’est le cas.

    Et à mon avis, en cela notre système s'est écarté tant de ses objectifs que du respect des droits de l'Homme.

    Les prisonniers sont des "usagers"
    au même titre que les personnes accueillies dans les autres types de structures d'accueil.

    De même, il existe effectivement plusieurs sous-catégories d'usagers qui chacun ont besoin d'un accompagnement spécifique, ce que l'on retrouve d'ailleurs dans tous les secteurs avec les lois de 2002 tant dans le médical, le médico-social que dans le pénitentiaire (OPLJ).

    Les différentes réformes successives depuis les années 80 ont été dans le bon sens mais se sont heurtées à un problème majeur : la surpopulation carcérale importante. (49000 places en 2004 mais 58000 personnes incarcérées).

    Ces réformes Chalandon, Méhaignerie, Jospin et finalement le fameux OPLJ de 2002 comportaient des programmes plus ou moins ambitieux d'augmentation du nombre de places.

    Mais surtout d’établissements spécialisés ou avec des services spécialisés permettant la prise en charge des usagers selon leurs besoins spécifiques.

    Mais nous sommes encore loin, très loin d’un système optimal, si tant est qu'il puisse exister un système d'incarcération que l'on puisse qualifier de cette façon.
    Dernière modification par Chtinours ; 22/02/2008 à 14h05. Motif: corrections et compléments.
    L'enfer est pavé de bonnes intentions.

  8. #8
    Support Utilisateur et Modération

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    Pensez-vous vraiment que les prisonniers sont des usagers comme les autres ? Par exemple, un usager mécontent peut décider de ne pas avoir recours à un service ou en minimiser l'impact dans sa vie, en l'occurrence, j'ai un petit doute, si vous permettez
    Dernière modification par Animateur Communautaire ; 22/02/2008 à 15h19.
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  9. #9
    Pilier Cadet

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    Citation Envoyé par Animateur Net-iris Voir le message
    Pensez-vous vraiment que les prisonniers sont des suagers comme les autres ? Par exemple, un usager mécontent peut décider de ne pas avoir recours à un service ou en minimiser l'impact dans sa vie, en l'occurrence, j'ai un petit doute, si vous permettez
    Bonjour,

    Dans la théorie, oui, l'usager dans le strict cadre de sa prise en charge a des choix qui lui sont offerts.

    Mais dans les faits, c'est limité.

    En milieu pénitentiaire, l'usager a la possibilité depuis je crois 1987 de choisir si oui ou non il va exercer une activité professionnelle dans le cadre de son incarcération ou s'il souhaite suivre une formation. De même, il a la possibilité de demander à être orienté vers certaines types d'accueil selon ses préférences sexuelles par exemple.

    Mais les capacités humaines et structurelles, les négligences à petites ou grandes échelles, font que de nombreux choix ne leur sont pas accessibles ou que leur mise en application est limitée.
    L'enfer est pavé de bonnes intentions.

  10. #10
    Support Utilisateur et Modération

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    Si je peux me permettre, il me semble que vous parlez d'options plutôt que de la base obligatoire (comme l'enfermement, la surpopulation, le coût de la vie etc) qui sont des impondérables en prison. Quand je parle du coût de la vie, je pense tout particulièrement à des besoins d'hygiène de base qui finissent par coûter cher dans les établissements pénitentiaires.

    Pour le reste, vous avez effectivement raison et je vous suis sans difficulté dans votre dernier paragraphe: entre ce qui est disponible "sur le papier" (voire dans des condamnations...) et ce qui l'est en réalité, il ya parfois un fossé, que dis-je, un gouffre...
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  11. #11
    Support Utilisateur et Modération

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    Pour ceux qui voudraient aller plus loin dans l'analyse et la consultation des actualités relatives à ce thème, j'indique que Net-iris a mis aujourd'hui en ligne un dossier d'actualité sur ce thème:

    Rétention de sûreté et déclaration d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental (Net-iris dossier d'actualité)
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  12. #12
    Membre Benjamin

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    puisque j'ai commencé avec mon témoignage je me permets de continuer..

    en tant que "simple usager" (je reprends le terme écrit plus haut), mia co-détenue et moi, en proie à des allergies, avions demandé à changer de cellule pour une moins rouillée.
    comme nous n'étions pas entendue malgré nos courriers à la direction pénitentiaire, nous avons décdé de voir le médecin de la prison.
    il nous a fait un certificat médical pour que nous puissions changer de cellule.
    ma codétenue était atteinte du sida, je précise.
    en fait, un jour les gardiennes sont arrivées à l'improviste (enfin ça c'est habituel en prison), nous ont jeté dans le couloir, l'une a tout retourné partout (les fameuses fouilles) tandis que l'autre a retiré le travail que nous étions en train d'effectuer et pour lequel nous étions rétribuées.
    pour info, à l'époque, donc en 1993, nous pliions des pochettes cartonnées pour une marque de développeur photo, payées 10 centimes de franc les dix.
    bref, on nous a tout retiré et lorsque nous avons demandé des explications : "mesdames il parait que vous êtes allergiques, donc pas de travail !"
    une mesure de rétorsion parmis d'autres.
    ce travail permettait à ma codétenue sans ressource, de payer la moitié de la télé et quelques cigarettes..

  13. #13
    Pilier Sénior

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    Belle façon de traiter des gens qui ne font que demander la prise en compte de considérations médicales... Nous ne savons pas le contexte, mais en supposant que les comportements aient été corrects par ailleurs (ce qui est probable, parce que je ne suis pas sûr que les plus grands criminels aient la possibilité d'avoir une activité rémunérée en prison), j'avoue que ce n'est probablement pas de cette manière qu'on pourra paiser les gens emprisonné à l'égard de la société...
    Vous devez être le changement que vous voulez voir dans le monde. Gandhi

  14. #14
    Membre Benjamin

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    non, je puis vous assurer que nous étions des détenues "modèle" ...
    simplement notre demande de changer pour une cellule moins dégradée n'était pas dégitime à leurs yeux.
    il me semble que tout le monde a le droit de travailler en prison, peu importe le crime ou délit commis, puisque personne n'est sensé savoir (dans les faits il n'en n'est rien, certains détenus dont même directement envoyés àcertains quartiers pour éviter qu'ils ne se fassent lyncher : c'est le cas des violeurs et pédophiles, croyez-moi il n'ont pas la belle vie en prison ! )

    j'aimerais préciser un truc : ce matin j'étais convoquée aux assises, car tirée au sort pour faire partie du jury à la session des assises de ce département.
    il fallait juger en appel le cas de deux mecs incarcérés depuis 2003, qui devaient répondre de "viol collectif avec arme + séquestration + vol".
    j'ai été tirée au sort mais à peine levée l'avocat général m'a récusé (sans rentrer dans les détails, c'était un voeu de ma part et j'ai été voir l'huissier qui a plaidé ma cause, sinon j'étais bonne)
    ben j'ai soufflé !
    car si oui, je sais que c'est dur la prison, je sais aussi que je n'aurais cessé de penser à la victime qui, en plus de devoir se retaper un procès et raconter son enfer à nouveau, devra vivre toute sa vie avec ses blessures.
    les violeurs seront eux, un jour libres...
    pas facile de rendre la justice !

  15. #15
    Support Utilisateur et Modération

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    La justice est un art complexe où se mêlent la règle de Droit, froide et dure parfois, mais aussi la nature humaine du juge qui reste toujours une personne humaine, et la réalité de la sociologie, le contexte humain, factuel, sociologique dans lequel les faits à juger se sont déroulés.

    Je ne cherche pas à excuser les juges qui font des erreurs, mais simplement à insister sur le fait mis en lumière par Sam68: le métier de juge est un e des métiers les plus durs au monde, qu'on peut à mon avis comparer au métier de médecin à mon avis: la personne qui prend la décision peut engager la vie entière de la personne qu'elle a en face d'elle. Les magistrats vont régulièrement voir ce qui se passe en prison (en tout cas, pour ceux avec qui j'ai pu en parler) pour les maintenir les pieds dans la réalité. Ca me semble essentiel vu la difficulté et l'importance des décisions à prendre aussi bien pour les prévenus que pour les victimes.

    La justice idéale aux yeux des citoyens est impossible parce qu'elle interdit la prise en compte et la satisfaction des intérêts personnels d'une partie (prévenu ou victime), ainsi que de leurs familles et proches. Mais la justice pénale existe aussi non pas pour reconnaître le statut de victime d'une personne privée, mais pour permettre à la société de sanctionner les comportements qu'elle n'accepte pas. Je ne dis pas que ça marche forcément bien. Il faut juste distinguer intérêt personnel - intérêt collectif.

    Un peu comme on parle d'intérêt général à fermer tel ou tel service ou à le déplacer à tel ou tel endroit. Il faut toujours se rappeler que l'intérêt général n'est pas l'addition des intérêts particuliers de chacun et même que l'intérêt général peut aller frontalement à l'encontre des intérêts particuliers de tel ou tel...
    Dernière modification par Animateur Communautaire ; 26/02/2008 à 09h46.
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  16. #16
    Risako
    Visiteur
    Bonjour à tous ,

    Voilà je voulais livrer quelques impressions concernant la prison .

    Depuis la disparition de l'esclavage , de la mort civile , du bagne et de la peine de mort , les peines de prisons sont la réponse du code pénal aux infractions . Légalement la prison à deux objectifs : punir mais également préparer la réinsertion du délinquant à sa sortie . Il semble que seul le premier objectif soit considéré ; il n'y a qu'à lire le témoignage de Sam68 pour comprendre l'echec de la prison . La faute à qui , à quoi ? Toutes les études montre du doigt la surpopulation des prisons . Alors pas assez de prisons ou trop de personnes enfermées ? Il faut savoir qu'environ un tiers des prisonniers sont des prévenus c'est à dire en attente de jugement et que les maisons d'arrêt sont les plus surpeuplées avec les petites prisons . Ici à Lyon il y aurait un peu plus de 700 détenus pour 350 places.
    De ce seul fait les conditions deviennent effroyables et la prison ne peut plus préparer les personnes à leur réinsertion .
    Le législateur a essayé avec les mesures de semi liberté ou le bracelet electronique de "sortir" certains prisonniers des prisons . Les juges en font de même en ne prononcant que des peines avec sursis pour les primo-délinquants ( le droit à l'erreur pour les petits délits ) mais lorsque l'on annonce la création de peines plancher ainsi que le maintien en prison des détenus les plus dangereux ayant purger leur peine ( une sorte de prévention de la dangerosité pour les uns , des peines sans infractions pour d'autres ) , l'orsque l'on s'en prend aux juges en leur repprochant de ne pas assez enfermer les mineurs , qui bénéficient pourtant de la loi de 45 avec des mesures d'éducation et de prévention , va-t-on améliorer le sort des prisonniers ?
    J'en doute et pourtant Amnestie Internationale à épingler la France à ce sujet ; triste constat pour le pays des droits de l'homme .
    Dernière modification par Risako ; 16/03/2008 à 10h52.

  17. #17
    Membre Junior

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    il y a des manières de faire qui ne sont pas "logiques".
    La surpopulation des prisons, la question de la réinsertion ne sont pas suffisamment travaillées avec les détenus, faute d'interlocuteurs disponibles. Beaucoup de détenus se retrouvent confrontés à la question de leur retour dans la société à quelques semaines seulement de leur sortie. Peu ont donc les moyens de le faire dans de bonnes conditions.
    Et que dire aussi des personnes qui ont été jugées, pour de petits délits, et qui sont en attente qu'une "place" se libère pour pouvoir effectuer leur peine ? Où est le sens de la sanction ?

  18. #18
    G.remi2
    Visiteur
    Je pense qu'il y'a un tas d'alternative à la détention "sec" pour les petits delinquants condamnés a des peines de prisons inferieur à 1an

    car a mon avis, la prison sec et dur (enfermement en millieu carceral permanant) ne protége pas la societé mais produit l'effet inverse, pour certains délinquant

    En effet , un homme condamné pour volà une peine de 3 mois ferme mais qui a un emploi stable, une vie de famille,... et qui va etre enfermé pendent 3 mois va perdre son emploi et pour s'en sortir risque de recidiver

    Je suis favorable a l'application de plusieurs régles du code de procédure pénale comme la semi liberté, le fractionnememnt, le bracelet electronique, le sursis mise a l'epreuve,...

    Aprés si un condamné a qui on a laissé une chance ne la saisi pas et recidive, la il convient d'etre plus severe a son egard

    Pour les faits plus grave, un enfermement parait inevitable pour effectivemement^proteger la societé mais en parléle a cette enfermement et donc cette protéction il convient de voir en amont et d'aider a la reinsertion pour eviter la recidive

    Les conditions de detentions ne sont egalememnt pas acceptable pour un pays comme la France qui prone en dehors de nos frontieres le respect des droits de l'homme, mais qui ne respecte pas celle de ses prisoniers

  19. #19
    Pilier Junior

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    La prison est elle une sanction efficace ?

    A mon avis il y a lieu de distinguer trois types de prisonniers pour non pas répondre (ce que je ne saurais faire) mais appréhender en toute « objectivité » à cette question.

    1/ le petit délinquant, qui va en prison « peaufiner » ses techniques au contact des « grands », ressortir remonté à bloc et recommencer ses con****
    Maintenant, concernant ce type de prisonnier, quelle alternative trouver ?? Et comment rendre les conditions d'incarceration compatibles avec une réinsertion ??

    2/ Le vrai délinquant (criminel, violeur …) dont la mise à l’écart est - à mon avis - avant tout une question de sécurité pour la population … la sanction n’est peut être pas efficace, mais son application permet certainement d’éviter d’autre drame.
    J’avoue ne pas me poser de question qu’en aux conditions de détention de tels prisonniers, leurs victimes, décédées ou marquées à vie sont plus « prisonnières » ou marquées qu’ils ne le seront jamais

    3/ le col blanc, le col blanc, délinquant financier … Quelle sanction lui appliquer ?? La prison, je ne suis pas convaincue qu’elle réponde à ce type de délit, la liberté surveillée assortie d’une interdiction de travailler en qualité de dirigeant ou responsable ??
    « L’office de la loi est de nous protéger contre la fraude d’autrui et non pas de nous dispenser de faire usage de notre raison » Portalis

  20. #20
    G.remi2
    Visiteur
    ^pour répondre aux 3 je pense que la prison est effilasse pour les delits financier vis a vis des autres délinquants

    en effet que dirais vous a un voleur de mobylette condamné a du ferme alors que le voleur de millions de l'état écope simplement de sursis,...

  21. #21
    Pilier Junior

    Infos >

    G.rémi, je ne dis pas qu'il faut dédouaner les cols blancs, je me demande simplement s'il n'existe pas des sanctions autres que l'emprisonnement ... sanctions qui pourraient être aussi contraignantes
    Dernière modification par Véronik ; 07/04/2008 à 13h06. Motif: Au passage, je m'excuse pour la rédaction en charabia de mon post précédent que je n'avais pas relu
    « L’office de la loi est de nous protéger contre la fraude d’autrui et non pas de nous dispenser de faire usage de notre raison » Portalis

  22. #22
    Support Utilisateur et Modération

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    Citation Envoyé par Véronik Voir le message
    La prison est elle une sanction efficace ?

    A mon avis il y a lieu de distinguer trois types de prisonniers pour non pas répondre (ce que je ne saurais faire) mais appréhender en toute « objectivité » à cette question.

    1/ le petit délinquant, qui va en prison « peaufiner » ses techniques au contact des « grands », ressortir remonté à bloc et recommencer ses con****
    Maintenant, concernant ce type de prisonnier, quelle alternative trouver ?? Et comment rendre les conditions d'incarceration compatibles avec une réinsertion ??
    Un petit délinquant sanctionné dès sa première infraction (si possible...) aurait moins tendance à récidiver. C'est la base du raisonnement de tout un pan de la politique pénale actuelle et le fondement de la politique du "0 tolérance" qui a contribué à améliorer la situation dans des lieux particulièrement touchés par la criminalité (comme certains quartiers de New York par exemple).

    Citation Envoyé par Véronik Voir le message
    2/ Le vrai délinquant (criminel, violeur …) dont la mise à l’écart est - à mon avis - avant tout une question de sécurité pour la population … la sanction n’est peut être pas efficace, mais son application permet certainement d’éviter d’autre drame.
    J’avoue ne pas me poser de question qu’en aux conditions de détention de tels prisonniers, leurs victimes, décédées ou marquées à vie sont plus « prisonnières » ou marquées qu’ils ne le seront jamais
    On en revient alors à une deuxième question qui a fait l'objet d'un autre débat, il me semble: celui de la récidive et de son risque. Un criminel dangereux au point de devoir être écarté de la société peut-il ensuite se réinsérer ? J'envisage la question du point de vue de l'état d'esprit du criminel qui a purgé sa peine mais aussi du point de vue de la société qui réintègre ledit criminel. Mais j'envisage aussi le droit à l'oubli (nouveau départ au moins en principe suite à l'accomplissement de la peine selon les règles applicables) auquel tout condamné à droit.

    Citation Envoyé par Véronik Voir le message
    3/ le col blanc, le col blanc, délinquant financier … Quelle sanction lui appliquer ?? La prison, je ne suis pas convaincue qu’elle réponde à ce type de délit, la liberté surveillée assortie d’une interdiction de travailler en qualité de dirigeant ou responsable ??
    Pour englober votre dernier post sur ce point précis, je dirais que l'emprisonnement n'est pas une peine exclusive et que la délinquance en col blanc est sanctionnée par une peine potentielle complexe, pouvant se composer d'une amende et d'une peine d'emprisonnement, en plus de peines complémentaires voire de peines de substitution. De plus, outre la sanction pénale, il existe aussi la sanction civile pour les victimes d'infraction, en col blanc ou pas Donc, par exemple, des sociétés victimes des agissements de leurs dirigeants ou des particuliers victimes de détournements peuvent demander indemnisation de leur préjudice. Cela doit-il dispenser pour autant de peines de prison ? Les criminels en col blanc ne sont-il pas justement plus sensible à la prison qu'aux autres sanctions du fait de l'atteinte que cela peut porter à leur statut social ou leur réputation par exemple ?
    Membre du Conseil Communautaire du Forum de Net-iris

  23. #23
    Pilier Junior

    Infos >

    Citation Envoyé par Animateur Net-iris Voir le message
    Un petit délinquant sanctionné dès sa première infraction (si possible...) aurait moins tendance à récidiver. C'est la base du raisonnement de tout un pan de la politique pénale actuelle et le fondement de la politique du "0 tolérance" qui a contribué à améliorer la situation dans des lieux particulièrement touchés par la criminalité (comme certains quartiers de New York par exemple).
    Disons que je partage votre point de vue à condition que la durée de détention soit trop courte pour perfectionner l'apprentissage de la délinquance ... en 2 mois et plus, un jeune emprisonné a largement le temps d'apprendre des tuyaux pour passer à travers les mailles
    Cette longue phrase doit être lue avec des guillements bien sur

    On en revient alors à une deuxième question qui a fait l'objet d'un autre débat, il me semble: celui de la récidive et de son risque. Un criminel dangereux au point de devoir être écarté de la société peut-il ensuite se réinsérer ? J'envisage la question du point de vue de l'état d'esprit du criminel qui a purgé sa peine mais aussi du point de vue de la société qui réintègre ledit criminel. Mais j'envisage aussi le droit à l'oubli (nouveau départ au moins en principe suite à l'accomplissement de la peine selon les règles applicables) auquel tout condamné à droit.
    A mon avis, et ce n'est que mon avis, un criminel dangereux, guéri ou repenti comme vous voulez, aura de toute façon beaucoup de mal à se réinsérer.
    Mise à l'écart pendant 15 ans ou +, il a perdu tout sens de la réalité (celle de la vie quotidienne), et n'a pas ou plus de repères d'une part, et d'autre part, la "collectivité" lui a quoi qu'on en dise collé une étiquette qui lui porte préjudice, quel que soit son comportement ( s'il est devenu un citoyen modèle, il y en aura toujours qui diront qu'il est en embuscade d'un mauvais coup, et s'il récidive, il sera dit que de toute façon s'était à prévoir) ... ses rapports à la société sont biaisés par son passé

    Pour englober votre dernier post sur ce point précis, je dirais que l'emprisonnement n'est pas une peine exclusive et que la délinquance en col blanc est sanctionnée par une peine potentielle complexe, pouvant se composer d'une amende et d'une peine d'emprisonnement, en plus de peines complémentaires voire de peines de substitution. De plus, outre la sanction pénale, il existe aussi la sanction civile pour les victimes d'infraction, en col blanc ou pas Donc, par exemple, des sociétés victimes des agissements de leurs dirigeants ou des particuliers victimes de détournements peuvent demander indemnisation de leur préjudice. Cela doit-il dispenser pour autant de peines de prison ? Les criminels en col blanc ne sont-il pas justement plus sensible à la prison qu'aux autres sanctions du fait de l'atteinte que cela peut porter à leur statut social ou leur réputation par exemple ?
    Plus sensible à la prison, je ne sais pas (je n'y ai fait aucun séjour ) ... Moins armés pour y survivre surement ... un stylo est une bien piètre arme en prison
    « L’office de la loi est de nous protéger contre la fraude d’autrui et non pas de nous dispenser de faire usage de notre raison » Portalis

  24. #24
    Pilier Cadet

    Infos >

    Citation Envoyé par G.remi2 Voir le message
    en effet que dirais vous a un voleur de mobylette condamné a du ferme alors que le voleur de millions de l'état écope simplement de sursis,...
    C'est déjà le cas et cela fait partie des écarts de pesée de la balance de la justice.

    Souvent dans les médias, lorsque l'on rapproche certains faits divers et d'autres affaires, on se rend compte de cette réalité.

    Ainsi sur un encart "faits divers" je lisais qu'un primo-délinquant soustrait (sans violence) un chéquier, les clefs d'une voiture et va faire la bringue avec pour quelques petits milliers d'euros. Il se fait chopper et prend de la prison ferme.

    Deux pages plus loin, un dirigeant est reconnu coupable de détournement de plusieurs millions d'euros, recel, abus etc... et prend une peine équivalente avec sursis... comme ce fut le cas dans son affaire précédente.
    L'enfer est pavé de bonnes intentions.

  25. #25
    G.remi2
    Visiteur
    aprés il faut voir les casier des deux individus

    c'est ça uassi qu'il faut voir

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