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Plainte de mon ex-employeur pour escroquerie aux chèques-cadeaux

Question postée dans le thème Rapport avec les Pros du Droit sur le forum Monde de la Justice.

  1. #1
    Membre Benjamin
    Ancienneté
    janvier 2019
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    7
    Bonjour,

    Je me permets de venir sur votre forum afin de vous demander des informations m'aidant à appréhender au mieux un problème auquel je suis confrontée avec mon ex-employeur, qui a déposé plainte contre moi auprès de la gendarmerie locale pour escroquerie.

    Avant toute chose, il faut que je vous précise le contexte particulier de cette affaire : des relations devenues de plus en plus difficiles avec mon ex-employeur (entre autres, pressions et attitudes répétées pour me rendre la vie infernale au travail) m'ont conduite en bou de compte à "craquer" nerveusement, ce qui a occasionné une série d'arrêts maladie entre juin et décembre 2018, suite à quoi la médecine du travail a finalement conclu à une inaptitude.

    Quelques jours avant Noël, peu après avoir reçu ma convocation pour un entretien en vue du licenciement, la gendarmerie est venue chez moi pour me remettre en main propre un PV de convocation suite à une plainte déposée pour escroquerie par mon employeur : sur la base d'une capture d'écran provenant de la tablette d'un représentant travaillant avec le magasin et qui laissait apparaître mon adresse postale personnelle, la gérante a conclu que j'aurais détourné des chèques cadeaux d'une valeur de 90 €.

    Lors de mon audition à la gendarmerie, j'ai pu raconter ma version des faits : au mois de mai, j'avais demandé à ce représentant (note : le nom donné par ma responsable lors de sa déposition n'est pas le même que celui du représentant avec qui j'ai traité), que je recevais régulièrement dans le commerce, si en tant qu'employée je pourrais moi aussi bénéficier d'avantages, comme ma gérante ; il m'avait alors répondu qu'il verrait ce qu'il pourrait faire, tout en prenant effectivement note de mon adresse postale personnelle. Peu de temps après, courant juillet, je recevais à mon adresse personnelle dans un courrier en recommandé à mon nom un lot de chèques cadeaux pour une valeur de 90 €, sans que ne soit mentionné à un quelconque endroit les coordonnées de ma gérante ou de l'enseigne commerciale qui m'employait.

    S'il est possible que mon employeur ait tenté d'utiliser ce levier dans le but d'obtenir un licenciement pour faute grave (ce qui ne s'est pas produit, car échaudée par la tournure que prenait les choses, je me suis rendue à l'entretien de licenciement avec un représentant syndical) au lieu de l'inaptitude (mais là encore, le dossier n'est pas fini, j'ai dû entrer en contact avec l'Inspection du Travail pour des congés payés qui ont été réduits, une date de dernier jour travaillé incohérente, des indemnités de prévoyance non versées...), il n'a toutefois pas renoncé à vouloir salir ma réputation (on est dans un village, une petite communauté, et le bruit court que j'aurais été licenciée pour vol dans la caisse...) et me pourrir l'existence : vendredi, j'ai été contactée au téléphone par le gendarme qui m'avait entendu lors de ma déposition, lequel m'a conseillé de manière assez appuyée de restituer la somme de 90 euros à mon ex-employeur pour en rester là, le procureur classant l'affaire dans ce cas précis ; il s'est par ailleurs énervé lorsque je l'ai rappelé pour demander des écrits sur la décision du procureur ou le fond du dossier (plainte de mon ex-gérante, déposition du représentant) car je conteste l'infraction, et m'a rétorqué que j'étais "compliquée" et qu'il n'avait rien à me remettre...

    Je n'ai jamais eu à faire avec la machine judiciaire et je vous avoue que je suis complètement "paumée", je ne sais pas si les faits qui viennent de se dérouler avec le gendarme font partie d'une procédure normale, je ne sais pas comment faire pour savoir où en est exactement l'affaire voire déposer plainte à mon tour pour diffamation (contre la plainte d'escroquerie et les rumeurs de vol distillées dans le village par mon ex-employeur) je ne sais pas quand est-ce que le procureur est supposé m'écrire, bref, je ne sais pas grand chose, en somme...


    Voilà, je vous remercie sincèrement pour l'aide que vous pourrez m'apporter, c'est très gentil.

  2. #2
    Pilier Sénior Avatar de Biloba
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    octobre 2008
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    Bonjour,
    Sans être une spécialiste de la justice, je ne vois pas sur quelle base on pourrait vous accuser d'avoir "détourné" quoi que ce soit. Pour qu'il y ait détournement, il aurait fallu que les chèques soient destinés à votre entreprise/gérante et que vous en preniez possession. Là, un représentant a choisi de vous envoyer à votre domicile une gratification attribuée par son entreprise, comme cela se fait parfois.
    C'est un cadeau supplémentaire de la part de cette entreprise, qui est tout à fait libre d'en donner autant à votre employeur, ou pas. Cela a t-il été le cas ? Si oui, et que votre employeur a également reçu ces chèques-cadeaux, je ne vois pas où de situerait son préjudice.
    A votre place, je ne bougerais pas, je ne rembourserais pas quoi que ce soit (il sera toujours temps de le faire si la justice s'en mêle vraiment) mais je répondrais à toutes les insinuations que la personne est purement et simplement une menteuse (et une rapiat, parce que prévenir la gendarmerie pour 90 €, faut pas avoir honte !).
    Dernière modification par Biloba ; 21/01/2019 à 14h51.

  3. #3
    Membre Benjamin
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    janvier 2019
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    7
    Bonjour et merci pour votre réponse.

    Vu son timing, je crois que le dépôt de cette plainte pour escroquerie a été pour mon ex-employeur de chercher à trouver un ultime moyen d'essayer d'éviter de devoir me licencier pour inaptitude, c'est-à-dire avec des indemnités (à chaque fois que ma gérante, où un membre de sa famille, laquelle tient plusieurs commerces dans le village, ont voulu qu'un employé parte et ont fait pression dans ce sens, ça s'est toujours fait par un départ "volontaire", type abandon de poste ou faute grave), mais ça n'a pas fonctionné, car je suis venue à l'entretien de licenciement accompagnée par un représentant syndical, ce qui l'a probablement fait reculer, du moins je suppose.

    Je ne sais pas si ma responsable a également reçu des chèques cadeaux de la part de ce représentant au moment où j'en ai bénéficié, mais j'imagine que ç'a dû être le cas.

    Quand on reprend le déroulé des faits, c'est vrai que toute cette histoire, qui part de la décision d'un représentant de m'accorder une gratification, pour se terminer 6 mois après en plainte déposée opportunément par mon ex-employeur, avec en toile de fond le lancement d'une rumeur calomnieuse (on l'a licencié parce qu'elle a volé 90 euros dans la caisse) et l'épisode du "coup de pression" du gendarme pour que je rembourse la somme de la valeur des chèques cadeaux contre un classement par le procureur, c'est très déroutant...

    Dans l'immédiat, tel que vous me le conseillez, je vais attendre de voir ce qui va suivre, me réservant le droit éventuel de porter plainte pour diffamation si d'autres histoires médisantes étaient répandues sur mon dos.

  4. #4
    Pilier Cadet Avatar de Sophia2
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    mai 2017
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    D'autant que je vois une autre faille dans le raisonnement de votre employeur : si vous avez détourné les chèques cadeaux destinés à l'entreprise en les recevant à votre adresse, qui a rentré l'adresse dans la tablette, si ce n'est le représentant de commerce ? Or, votre employeur présume immédiatement que vous êtes responsable, sans s'interroger sur des complicités éventuelles et sans porter plainte contre, alors que dans ce cas de figure ça serait le minimum pour établir les responsabilités, toutes les responsabilités. Demandez au représentant de commerce de témoigner de la destination de ces chèques auprès des forces de l'ordre pour vous blanchir.

    Par ailleurs, l'attitude des policiers en mode petits justiciers à deux balles est inadmissible : ils ont votre version et celle du patron, deux versions qui s'opposent totalement, mais ils prennent parti en vous appelant à domicile pour vous menacer de poursuites en cas de non remboursement ?! Ils n'ont même pas interrogé la pièce la plus importante du puzzle, le représentant de commerce. Pour moi, prenez les devants en écrivant au procureur, pour directement porter plainte pour diffamation contre votre patron, ainsi que d'interroger (pas plus ) sur l'attitude des policiers locaux, qui ne terminent par leur enquête mais vous mettent en cause immédiatement en l'absence de preuves. Il faut être pro actif, ça va trop loin là : ça commence par 90€ de chèque cadeaux et demain il vous accuse d'aggression ou de détournement géant...

  5. #5
    Membre Benjamin
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    janvier 2019
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    Bonjour, je vous remercie pour votre réponse.

    Je devais monter "en ville" aujourd'hui, j'en ai profité pour me rendre à la Maison de la Justice et du Droit, où j'ai été reçue par une juriste à qui j'ai pu exposer mes préoccupations quant à cette affaire ; au regard du contexte chargé avec l'employeur (relations détériorées, harcèlement, arrêt maladie, inaptitude), elle m'a conseillé de revenir demain pour parler à un avocat afin d'envisager avec lui les attitudes à adopter et les actions à entreprendre, sachant qu'on ne peut pas savoir comment le procureur va appréhender les faits, notamment avec la version donnée par ma responsable et la déposition du représentant (qui a dû être entendu), lequel à son avis a dû se couvrir en allant probablement dans son sens, pour maintenir une bonne relation commerciale...

    Au cas où, j'ai aussi souscrit une protection juridique avec ma banque, car finalement je ne sais pas jusqu'où vont aller les choses, notamment sur le volet lié au licenciement, qui risque de me conduire à devoir saisir les prud'hommes (info Inspection du Travail et syndicat) si mon ex-employeur refuse de corriger les éléments qui posent problème (réduction des congés payés, calcul ancienneté à revoir, date dernier jour travaillé erroné, indemnités prévoyance non versés).

  6. #6
    Pilier Cadet Avatar de Sophia2
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    mai 2017
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    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    notamment avec la version donnée par ma responsable et la déposition du représentant (qui a dû être entendu), lequel à son avis a dû se couvrir en allant probablement dans son sens, pour maintenir une bonne relation commerciale...
    Pardonnez-moi d'utiliser cette expression, mais dans ce cas là il n'aura pas le c.l propre pour autant, bien au contraire : il va falloir qu'il justifie d'avoir mis votre adresse en lieu et place de celle de la société, sur simple demande de votre part ! A moins qu'il ne parte dans un délire à base de "il m'a volé ma tablette pour rentrer l'adresse à ma place" ou encore "il m'a mis un couteau sous la gorge" (et encore !), c'est difficilement justifiable !

    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    Au cas où, j'ai aussi souscrit une protection juridique avec ma banque, car finalement je ne sais pas jusqu'où vont aller les choses, notamment sur le volet lié au licenciement, qui risque de me conduire à devoir saisir les prud'hommes (info Inspection du Travail et syndicat) si mon ex-employeur refuse de corriger les éléments qui posent problème (réduction des congés payés, calcul ancienneté à revoir, date dernier jour travaillé erroné, indemnités prévoyance non versés).
    Inutile, car une protection juridique ne couvre que des sinistres ou litiges antérieurs à la souscription. Même si vous saisissez un avocat demain, vous ne pourrez nier que la plainte déposée par votre patron est antérieure à la souscription...

  7. #7
    Pilier Junior
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    mars 2012
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    Citation Envoyé par Sophia2 Voir le message
    Pardonnez-moi d'utiliser cette expression, mais dans ce cas là il n'aura pas le c.l propre pour autant, bien au contraire : il va falloir qu'il justifie d'avoir mis votre adresse en lieu et place de celle de la société, sur simple demande de votre part ! A moins qu'il ne parte dans un délire à base de "il m'a volé ma tablette pour rentrer l'adresse à ma place" ou encore "il m'a mis un couteau sous la gorge" (et encore !), c'est difficilement justifiable ![...]
    La seule chose que la patronne peut reprocher, c'est que ces cadeaux du fournisseurs ne soient pas répartis entre les salariés et qu'une personne se les fasse attribuer, ce qui peut sembler un peu déloyal envers les autres. Et encore il n'y a aucun motif de plainte...

    Partout où j'ai bossé, j'ai été sensibilisée à cela : ne pas accepter les cadeaux. Et quand il y en avait, c'était des boites de chocolat à noel qu'on partageait dans l'équipe. (marchés de plusieurs millions, accepter un tel cadeau ne peut être qualifié de corruption !)


    Il semble qu'avant, la patronne se gardait tous ces avantages, chèques cadeau pour elle et ne partageait rien avec ses salariés... Mais rien n'a été volé. Ni à l'entreprise, ni à elle.

  8. #8
    Pilier Sénior Avatar de Rosalina
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    novembre 2004
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    Avez-vous contacté ce fameux représentant qui vous a envoyé ces chèques cadeaux ? Ne pouvez-vous pas lui demander un écrit ?
    J'adore parler de rien, c'est le seul domaine où j'ai de vagues connaissances.
    Oscar Wilde

  9. #9
    Membre Benjamin
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    janvier 2019
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    Bonsoir et merci à toutes les trois (Sophia2, Hel4, Rosalina) pour vos contributions dans ce sujet.

    Il y avait un peu de monde avant moi, et mon tour est arrivé en toute fin de permanence, mais j'ai tout de même pu échanger avec un avocat en droit pénal lorsque je suis retournée à la MJD ce matin : après avoir écouté mon récit, il m'a indiqué de ne surtout rien payer si on venait me le demander à nouveau (le zèle du gendarme l'a fait sourire...), sachant que si l'affaire devait connaître une suite judiciaire quelconque, j'en serai informée par écrit.

    De plus, il a évoqué le rôle du représentant, qui est la personne ayant décidé de procéder à l'envoi des chèques cadeaux à mon intention en toute connaissance de cause, ajoutant que les coordonnées apparaissant sur sa tablette dans l'onglet du commerce de mon ex-employeur sont de sa responsabilité (on ne peut pas m'accuser de les avoir modifiées moi-même).

    En outre, afin d'examiner plus attentivement le fond du dossier, avec ses éventuels autres développements (il pense qu'il y en aura, vu la manière dont se sont comportés tous les protagonistes précédemment) et les possibilités de déposer plainte pour diffamation, nous devons nous revoir la semaine prochaine.
    Dernière modification par Lea123 ; 23/01/2019 à 19h01.

  10. #10
    Membre Benjamin
    Ancienneté
    janvier 2019
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    Je viens de voir l'avocat, qui m'a révélé que ma déposition, telle que transmise par la gendarmerie au procureur, indique que j'ai reconnu l'escroquerie, ce qui n'a jamais été le cas : lors de mon audition, si j'ai bien admis avoir reçu les chèques-cadeaux de 90 € de la part de la société du représentant, j'ai clairement dit que je ne reconnaissais pas l'infraction qui m'est reprochée, à savoir le vol de ceux-ci !

    L'avocat m'a conseillé d'aller très vite à la gendarmerie pour clarifier ce point déterminant, en tenant ce discours : oui, j'ai reconnu avoir reçu les 90 € en chèques-cadeaux, mais je n'ai jamais reconnu avoir pris le dû de mon ex-employeur , je pensais vraiment que c'était un cadeau du représentant.

    Sur le fait que le nom du représentant donné par mon ex-responsable n'était pas celui du représentant avec qui j'avais traité, il peut s'agir d'une erreur de sa part ou d'un acte délibéré, car elle a pu se mettre d'accord avec un autre commercial endossant le rôle du protagoniste ; de plus, il n'est à ce stade pas possible de savoir ce que le représentant entendu (quel qu'il soit) a déclaré, mais il est fort probable qu'il se soit "couvert" avec une version le dédouanant de toute responsabilité, quitte à me charger.

    Selon l'avocat, il est difficile de savoir ce qui va se passer maintenant, à savoir si le procureur va donner suite, mais il doute toutefois que mon ex-employeur aille engager des frais de justice pour une affaire d'un montant aussi dérisoire.

    J'ajoute que nous n'avons finalement pas abordé le sujet de la diffamation ou des dénonciations calomnieuses, et pour ce qui est du volet "droit du travail" (indemnité licenciement, congés payés, prévoyance), le délai fixé par le courrier en recommandé (mise en demeure) envoyé à mon ex-employeur expire en fin de semaine, je n'ai pas de retour pour l'instant.

  11. #11
    Pilier Cadet Avatar de Sophia2
    Ancienneté
    mai 2017
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    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    Je viens de voir l'avocat, qui m'a révélé que ma déposition, telle que transmise par la gendarmerie au procureur, indique que j'ai reconnu l'escroquerie, ce qui n'a jamais été le cas : lors de mon audition, si j'ai bien admis avoir reçu les chèques-cadeaux de 90 € de la part de la société du représentant, j'ai clairement dit que je ne reconnaissais pas l'infraction qui m'est reprochée, à savoir le vol de ceux-ci !
    Il faudrait savoir si ce qui a été transmis au procureur par les gendarmes, c'est un compte-rendu écrit de leur main (auquel cas, ils ont interprété à leur sauce, si j'ose dire...), ou si ce sont les copies de PV d'audition : ces PV, vous avez dû les signer ! Si oui, ils ont été modifiés, si non, c'est anormal !

    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    L'avocat m'a conseillé d'aller très vite à la gendarmerie pour clarifier ce point déterminant, en tenant ce discours : oui, j'ai reconnu avoir reçu les 90 € en chèques-cadeaux, mais je n'ai jamais reconnu avoir pris le dû de mon ex-employeur , je pensais vraiment que c'était un cadeau du représentant.
    Je me demande si il ne faut pas plutôt écrire au procureur, parce là vous avez affaire à des gendarmes qui sont, au minimum des incompétents, au pire des fonctionnaires malhonnêtes, de collusion avec votre patron !

    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    Sur le fait que le nom du représentant donné par mon ex-responsable n'était pas celui du représentant avec qui j'avais traité, il peut s'agir d'une erreur de sa part ou d'un acte délibéré, car elle a pu se mettre d'accord avec un autre commercial endossant le rôle du protagoniste ; de plus, il n'est à ce stade pas possible de savoir ce que le représentant entendu (quel qu'il soit) a déclaré, mais il est fort probable qu'il se soit "couvert" avec une version le dédouanant de toute responsabilité, quitte à me charger.
    Que ce soit délibéré ou non, il sera prouvable que vous avez rencontré le commercial X et pas le commercial Y (ne serait-ce que par la production de photographies : vous pourrez reconnaître X et pas Y, et inversement a priori), c'est très stupide de sa part de mentir aussi gravement pour un montant aussi bas...

    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    Selon l'avocat, il est difficile de savoir ce qui va se passer maintenant, à savoir si le procureur va donner suite, mais il doute toutefois que mon ex-employeur aille engager des frais de justice pour une affaire d'un montant aussi dérisoire.
    Je doute surtout que le procureur lui-même donne suite, pour un montant si bas...

    Citation Envoyé par Lea123 Voir le message
    J'ajoute que nous n'avons finalement pas abordé le sujet de la diffamation ou des dénonciations calomnieuses, et pour ce qui est du volet "droit du travail" (indemnité licenciement, congés payés, prévoyance), le délai fixé par le courrier en recommandé (mise en demeure) envoyé à mon ex-employeur expire en fin de semaine, je n'ai pas de retour pour l'instant.
    Soyez pro actif, allez aux prudhommes. Vous pouvez de toute façon prouver l'antériorité de vos demandes par rapport à la plainte de votre patron, et ça c'est bon pour vous : la thèse d'une basse vengeance de sa part est plausible.

  12. #12
    Membre Benjamin
    Ancienneté
    janvier 2019
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    7
    @Sophia2 : bonsoir et merci beaucoup pour les conseils précis que vous m'avez donnés dans votre précédent message, auxquels je vais réagir plus loin, mais je souhaite dans un premier temps vous faire le récit de ce qui s'est passé aujourd'hui.

    Comme me l'avait conseillé mon avocat avant-hier, j'ai téléphoné aujourd'hui au gendarme (qui m'avait laissé un message hier pour savoir si j'étais bien allée rembourser mon ex-employeur...) dans le but de "clarifier" les choses :
    - après qu'il m'eût demandé d'emblée si j'étais aller voir mon ex-employeur pour la payer (une idée fixe), je lui ai demandé de pouvoir le rencontrer pour discuter de la situation, ce à quoi il m'a répondu qu'il n'y avait pas de discussion à avoir, ajoutant vouloir savoir si je me croyais plus maligne à contester la décision procureur (qui par ailleurs, d'après ce que m'a dit mon avocat, n'a pas encore statué)
    - j'ai enchaîné en expliquant que je ne comprenais pas ce qui se passait ni les faits qui m'étaient reprochés, que j'avais bien reconnu avoir reçu les chèques cadeaux à mon nom dans ma boîte aux lettres et les avoir utilisés, mais pas les avoir volés
    - il a alors perdu patience et m'a asséné que le procureur avait notifié que je n'avais pas à me mettre en avant en demandant des chèques cadeaux à un représentant, m'enjoignant à aller très rapidement procéder au remboursement sous peine de risquer une condamnation plus lourde, parlant de 300 euros (!)
    - j'ai répété que je ne comprenais pas la décision, que j'allais me rendre à la Maison du Droit pour avoir des explications (je n'ai pas dit que j'avais déjà fait cette démarche ni vu un avocat) et reviendrai vers lui en suivant, ce qui a fait baisser la tension (son énervement est retombé)

    Je sais pas, peut-être que je me trompe, mais je pense que le gendarme a cherché à me "mettre la pression" pour que me convaincre d'aller donner à mon ex-employeur une somme de la valeur des chèques-cadeaux, ce qui équivaudrait tacitement à reconnaissance des faits qui me sont reprochés et que je conteste. Ceci étant, la mention de la Maison du Droit lui a fait entendre, semble-t-il, que je n'allais pas me laisser manipuler de la sorte sans chercher à comprendre un minimum.

    De toute façon, dans cette histoire, il se passe un certain nombre de choses assez incroyables dans le comportement de ce gendarme, ce depuis le premier contact : remise en main propre du PV de convocation la veille, un vendredi midi, pour le lendemain, un samedi après-midi, ce qui me laissait un délai très court pour éventuellement venir assistée d'un avocat (ce que j'aurais cherché à faire si j'avais su par avance combien les choses allaient être compliquées), alors que la plainte a été enregistrée le dimanche d'avant (le gendarme m'a indiqué, lors de la remise du document, qu'il m'avait cherché toute la semaine, mais j'ai été tout le temps à la maison ou dans le village sur cette période...). Après, je ne sais pas, comme je l'écrivais dans un message précédent, c'est ma première confrontation avec des représentants de la loi et la "machine judiciaire", je n'ai pas l'habitude...

    Pour revenir sur les remarques que vous me faisiez :
    - je ne sais effectivement pas ce qui a été transmis exactement au procureur (compte-rendu de la main des gendarmes ou PV d'audition signé), mais ce dont je suis certaine, c'est qu'à aucun moment, au cours de mon audition, je n'ai dit reconnaître l'infraction : déclarer avoir reçu des chèques cadeaux dans un envoi qui m'était adressé, oui ; considérer les avoir volés, reconnaître la commission d'une escroquerie, non, mais c'est pourtant ce qui est ressorti...
    - j'attends de voir ce que va me répondre mon avocat suite à la conversation téléphonique du jour avec le gendarme, mais vous avez raison, peut-être qu'il faudra écrire au procureur directement vu la manière dont se passe les choses ici...
    - à ce stade, je ne peux avoir accès à la déposition du représentant (quel qu'il soit, celui que j'ai reçu et avec qui j'ai discuté, ou celui dont mon ex-employeur a donné le nom)

    Pour le litige relevant du droit du travail (indemnités licenciement - congés payés - date de dernier jour travaillé - prévoyance), le syndicat auprès de qui j'ai obtenu de l'aide est convaincu que si je dois aller au prud'hommes (toujours pas de réponse au courrier en recommandé de mise en demeure de corriger les éléments, mais le délai n'est pas tout à fait expiré), mon ex-employeur ne peut qu'être condamnée, et que ça va lui coûter plus cher au final (mais cela prendra un peu de temps)

  13. #13
    Membre Junior Avatar de Annegret
    Ancienneté
    décembre 2018
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    50
    Bonjour,
    Je trouve étonnant que votre avocat vous ait conseillé de contacter le gendarme pour "clarifier" les choses. Vous n'avez plus à discuter avec lui et réciproquement, sauf convocation officielle. N'oubliez pas l'adage qu'on entend dans les films américains : "tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous". On n'est pas aux Etats-Unis, certes, mais c'est un peu la même chose en France, une fois votre déposition recueillie, moins vous en dites et moins on peut mal interpréter vos propos.
    La déposition justement : sauf erreur vous l'avez relue avant de la signer, et on a dû vous en remettre un exemplaire ? A-t'elle été transmise à votre avocat ? Si oui il sait exactement ce qui est écrit noir sur blanc, sinon c'est qu'il fait des suppositions.
    Personnellement j'éviterais d'écrire au procureur en l'état actuel des choses. Soit il va classer la plainte (pour 90 €...), soit vous serez convoquée pour vous expliquer en répondant de façon FACTUELLE et sans faire de digressions ou d'allusions inutiles. Je ne vois pas trop comment on pourrait qualifier les faits d'escroquerie, à moins que vous ayez fait miroiter je ne sais quoi au représentant qui vous a envoyé ces chèques cadeaux, ou que vous l'ayez menacé avec une arme... Et on ne se fait pas escroc pour 90 €.

    Après, c'est sûr que si vous alléguez une vengeance de votre employeur, ou la mauvaise foi d'un gendarme, ça risque de ne pas jouer en votre faveur.
    On peut tout à fait comprendre que cette histoire "vous prenne la tête" au point que vous manquiez du recul nécessaire. Mais objectivement je crois que vous ne risquez pas grand chose si les choses se sont passées telles que vous les racontez. Bon courage à vous.

  14. #14
    Membre Benjamin
    Ancienneté
    janvier 2019
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    7
    Voici, en quelques lignes, l'épilogue de cette histoire :

    - l'avocat que j'avais vu initialement à la MJD n'a pas souhaité répondre sur le fond à mon mél (dans lequel je lui demandais sommairement une précision sur la forme du contact à entreprendre avec la gendarmerie pour clarifier les choses, option qu'il m'avait conseillée), indiquant en prenant tout de même quelques formes qu'il n'avait pas vocation à faire du "bénévolat", me renvoyant vers une nouvelle visite à la MJD pour bénéficier d'autres conseils "gratuits"

    - un mal pour un bien, finalement, car le "feeling" est beaucoup mieux passé avec l'avocate que j'ai rencontrée cette semaine à la MJD, laquelle a pris les choses en main en appelant le gendarme pour lui demander de cesser ses pressions répétées (à nouveau survenues en début de semaine) qui n'avaient en aucun cas lieu d'être, puis en s'entretenant directement avec mon ex-employeur, obtenant de sa part des déclarations pour le moins suprenantes : le représentant m'a envoyé les chèques-cadeaux car il m'aurait pris pour sa soeur ; si je lui avais demandé les chèques-cadeaux ou même 90 euros, elle me les aurait donnés ; mon ex-responsable, qui s'est défendue d'être à l'origine des calomnies (de licenciement pour vol dans le caisse) ayant circulé à mon sujet dans le village, a ajouté ne pas pouvoir contrôler la parole de tout le monde.

    - sachant que même si je suis dans mon bon droit, que je n'ai commis aucune faute, l'avocate m'a dit que "la justice est parfois injuste", et qu'à cet égard, on ne sait jamais ce qu'il pourrait se passer avec le procureur ou un juge, que cette histoire pourrait me poursuivre longtemps, que ça n'en valait pas la peine, qu'il fallait que j'avance, pour moi et pour mon enfant.

    - sur ses conseils, j'ai adressé un chèque de 90 euros à mon ex-employeur (j'ai beaucoup hésité avant de le faire, quand même, car j'ai l'impression de capituler, au final), laquelle a retiré sa plainte avec un courrier à la gendarmerie, parlant d'un malentendu. Elle a en outre laissé entendre à mon avocate que les documents de fin de contrat allaient me parvenir rapidement (sous-entendu avec les corrections recommandées par le syndicat sur l'indemnité de licenciement et les congés payés).

    - ce que je retiens de tout ceci, en définitive, c'est que pour pouvoir gagner la paix, il faut parfois savoir mettre un terme à la guerre.


    En conclusion, j'adresse un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à me donner leurs conseils dans ce sujet sur votre forum.

    Bien à vous,

    Léa

  15. #15
    Pilier Sénior Avatar de Rosalina
    Ancienneté
    novembre 2004
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    25 866
    Merci de nous avoir raconté l'épilogue de cette malheureuse affaire.
    Le mieux est d'aller de l'avant. Après tout, c'est bien l'employeur qui a perdu la face pour 90 euros. Pas vous.
    J'adore parler de rien, c'est le seul domaine où j'ai de vagues connaissances.
    Oscar Wilde

  16. #16
    Membre Junior Avatar de Annegret
    Ancienneté
    décembre 2018
    Messages
    50
    Ce qui confirme l'adage "qu'un mauvais accord vaut parfois mieux qu'un bon procès".

    Merci de nous avoir fait part de la fin de l'histoire.

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