Le problème évoqué n'est pas celui de la justesse ou non de la loi sur les droits du conjoint survivant, mais celui de ses conditions d'application et de ses dispositions transitoires, lorsqu'elle est profondément modifiée.
Votre père a pris des dispositions dans un contexte législatif donné.
Ce contexte a évolué, sans qu'il en ait eu connaissance, ni vous d'ailleurs.
Il n'y a donc pas eu révision des dispositions.
Le législateur, voulant améliorer les droits du conjoint survivant, a mis en place deux options successorales, le quart en pleine propriété et l'usufruit. Comme l'usufruit "bloque" les nus-propriétaires, le législateur a estimé injuste que ceux-ci soient bloqués alors qu'ils n'ont pas de lien avec l'usufruitier. Voilà pourquoi seule l'option en pleine propriété est ouverte dans ce cas là.
Donc c'est bien dans un esprit de justice que le législateur a réduit les nouveaux droits dans ce contexte.
Il aurait effectivement fallu que votre père écrive un testament révoquant les droits légaux au quart en pleine propriété de son épouse, et lui attibuant le cas échéant l'usufruit de certains biens si telle était sa volonté.
Je ne sais quelles dispositions il avait prises, mais notez que selon l'ancienne loi, sans dispositions, elle aurait eu un quart en usufruit sur la succession, donc sur tous les biens propres, y compris en séparation de biens. Votre père en était-il conscient ? La séparation de biens n'a jamais exclu le conjoint de la succession ("jamais" au sens "dans la période contemporaine").
On constate souvent sur ce site une méconnaissance profonde de ce qu'est la séparation de biens, vis-à-vis des successions.
Je ne sais pas si les juges, face à un contrat de mariage ou à un testament écrit dans des conditions législatives données, pourraient être amenés à en interpréter la volonté des parties du contrat ou la volonté du testateur, pour en déduire une juste application dans le nouveau contexte législatif.
Du genre : le testament révoque le quart en usufruit, donc la volonté du testateur était de révoquer les droits légaux, donc le testament a vocation à révoquer le quart en pleine propriété.




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