D'abord, un notaire n'est pas un juge. Il n'est là que pour acter un accord, constater un désaccord ou éventuellement amener les parties à négocier amiable.
Dans l'absolu, seul un jugement peut vous contraindre à rapporter ces assurances vies, et, à moins de prouver que vos parents ne disposaient plus de leur capacité intellectuelles au moment où ils les ont signées, ou qu'ils soient morts dans le délais d'un mois après la signature, d'une maladie qu'ils avaient déjà au moment de la signature de l'assurance vie, elles n'ont pas à être rapportées intégralement, mais uniquement pour la part qui porte atteinte à la réserve de votre frère, dans la mesure où elles sont rapportables.
Une assurance est rapportable lorsqu'elle dépasse les capacités raisonnables de contribution de la personne qui la contracte. Autrement dit, si elle contracte une assurance en capital (par versements isolés) il ne faut pas que cette assurance dépasse, à ce moment là, "la quotité disponible" de son patrimoine, ou, s'il s'agit d'une assurance par échéance, il ne faut pas qu'elle dépase "la quotité disponible" de ses revenus. Et je mets quotité disponible entre guillement, parce que la quotité disponible du patrimoine n'existe en fait qu'au moment du décès, et la quotité disponible des revenus est une fiction. Il s'agit simplement de repères.
Mais imaginons une personne qui possède à un moment T de son existence 3 toiles de maîtres et un compte bancaire représentant le tiers de leur prix. Elle place cet argent sur une assurance vie, les toiles brûlent ensuité et on s'apperçoit qu'elles n'étaient pas assurées. Bien qu'il ne reste que l'assurance vie au décès, celle ci n'est ni excessive, ni rapportable.
Un autre critère est l'utilité de l'assurance vie. Une assurance vie n'est pas une manière de transmettre de l'argent hors des lois sur les succession et hors des droits fiscaux de succession. Elle doit normalement avoir pour but de prévenir des frais d'hospitalisation ou de maison de retraite, ou, si elle est prise relativement jeune, pouvoir assurer un complément de retraite. Si vos parents savaient leurs jours comptés au moment où ils ont souscrits cette assurance vie, là aussi elle est raportable.
Mais je n'ai pas encore vu de jugement qui ne laisse pas la quotité disponible au bénéficiaire de l'assurance vie (sauf à prouver qu'il y a eu abus de faiblesse), puisque l'assurance vie est en elle même une preuve que le défunt voulait avantager la personne qui la reçoit.
Donc, à partir du moment où l'accord que vous propose le notaire ne vous convient pas, et après avoir pris conseil auprès d'un avocat spécialisé en droits des familles et droits de succession, vous expliquez au notaire que vous n'acceptez pas ses conditions, point barre.
Attention à déposer dans ce cadre alors vous même ou avec l'aide d'un autre notaire une déclaration de succession auprès des impôts.



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