Il n'existe aucun devoir de conserver la part réservataire. Si un héritier n'a pas sa réserve ou ce qu'il estime être sa réserve, l'action en réduction des libéralités excessives lui est ouverte.
L'assurance-vie n'est pas considérée au premier abord comme une libéralité, c'est-à-dire qu'en temps normal, elle n'est pas rapportable à la succession, ou réductible à la quotité disponible.
Toutefois, les primes d'assurance-vie sont rapportables ou réductibles si elles sont "manifestement exagérées eu égard aux facultés du souscripteur au moment de la souscription". Dans ce cas, on estime qu'elles ont un caractère libéral, montrant la volonté de se dépouiller au profit d'un tiers. Et elles retombent alors dans le champ de la succession.
Attention, nulle référence à la quotité disponible (notion n'existant qu'au décès) pour évaluer le caractère manifestement exagéré. C'est en référence au patrimoine lors de la souscription.
Votre seule action possible (judiciaire, et avec avocat) est donc de faire reconnaître ce caractère manifestement exagéré, en vue de la réduction de la prime d'assurance reconsidérée comme donation.
Je pense que le conseiller fiscal conseille ce qu'il veut et qu'il n'a pas d'obligation juridique sur ce point, contrairement aux notaires et avocats qui peuvent engager leur responsabilité en cas de faute.
---------- Message ajouté à 15h46 ---------- Précédent message à 15h44 ----------
Par définition, la réserve se calcule sur les biens existant au décès, auxquels on rajoute les donations faites. Ici, les biens existant au décès sont nuls, et jusqu'à preuve du contraire, il n'y a pas eu donation. Donc votre réserve est nulle. Sauf à faire requalifier l'assurance-vie en donation réductible.



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