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vente d'un bien après succession

Discussion postée sur le Forum Personne et Famille, regroupant des questions juridiques portant sur Le Droit au Quotidien.

  1. #1
    Julienjulien n'est pas en ligne Membre
    Ancienneté
    mars 2010
    Messages
    1

    Par défaut vente d'un bien après succession

    bonjour
    voici ma situation et je souhaite votre avis.
    j'ai eu en donation de leur vivant un bien (leur appartenant) de la part de ma maman et de mon beau pére (mariés ensemble).
    mon beau pére vient de m'adopter (adoption simple avant la donation) .
    il a un enfant de son 1er mariage .
    Est il possible de vendre ce bien ?
    l'enfant de mon beau pére peut il faire objection ou demander une part?
    merci d'avance de vos reponses
    salutations

  2. #2
    Ancienneté
    novembre 2008
    Localisation
    17
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    11 348

    L'enfant du premier lit de votre beau père est héritier de votre beau père et à ce titre, doit au moment du décès recevoir sa part de l'héritage et, à minima, sa réserve héréditaire qui s'élève au 1/3 de ce que sera succession de votre beau père.
    Le bien donné, évalué à sa valeur au décès de votre beau père, sera à rapporter fictivement (en valeur) au décès de votre beau père pour évaluer la valeur de la succession et donc de ce tiers réservataire.

    Vous risquez donc de devoir à votre demi frère par adoption a minima le tiers du prix de cette maison s'il n'y a rien d'autre dans la succession.

    Si vous vendez ce bien et qu'il ne reste rien au jour de la succesion, votre demi frère par adoption pour demander à l'acheteur de votre bien de lui donner le tiers du prix de la vente. La seule solution pour éviter cela étant de demander à ce demi frère s'il consentait à renoncer par anticipation à cette action en réduction.

    Bref, ne pas prendre cette donnée en considération peut vous entraîner vers des lendemains difficiles et rendre votre bien plutôt invendable aujoud'hui.

  3. #3
    Ancienneté
    octobre 2005
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    10 876

    Ce qui est en général demandé, c'est simplement de consentir à la vente du bien donné, dans l'unique but de protéger l'acquéreur contre la poursuite de l'action en réduction contre lui, dans le cas où le cohéritier est insolvable.
    Il n'est pas demandé en général de renoncer à l'action en réduction en soi.

    Donc il est possible de vendre le bien, il sera demandé au cohéritier s'il accepte cette vente, s'il accepte, la vente se fait et l'acquéreur est protégé, s'il refuse, il sera demandé à l'acquéreur s'il souhaite prendre le risque de se voir poursuivi dans le cadre d'une éventuelle action en réduction contre lui en cas de votre insolvabilité, s'il accepte, la vente se fait, s'il refuse, la vente ne se fait pas.
    La probabilité que votre cohéritier accepte est assez faible, la probabilité que l'acquéreur prenne le risque est quasi-nulle.

    Votre demi-frère par adoption ne peut que refuser de consentir à la vente, il ne peut demander aucune part.
    Dernière modification par Rambotte ; 14/03/2010 à 12h27.

  4. #4
    Ancienneté
    novembre 2008
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    11 348

    Citation Envoyé par Rambotte Voir le message
    Ce qui est en général demandé, c'est simplement de consentir à la vente du bien donné, [..]
    Votre demi-frère par adoption ne peut que refuser de consentir à la vente, il ne peut demander aucune part.
    Non, ce n'est pas le consentement à la vente qui est demandé. Le demi frère ne peut effectivement pas s'opposer à la vente. Ce qui lui est demandé a minima, c'est bien de renoncer à la poursuite de l'action en réduction entre les mains de l'acheteur. Et ça, le demi frère peut le refuser.

  5. #5
    Ancienneté
    octobre 2005
    Messages
    10 876

    Je regrette, c'est bien le consentement à la vente qui sera demandé, et si consentement à la vente est donné, alors la poursuite de l'action en réduction contre les tiers détenteurs sera impossible.
    Citation Envoyé par Article 924-4
    Après discussion préalable des biens du débiteur de l'indemnité en réduction et en cas d'insolvabilité de ce dernier, les héritiers réservataires peuvent exercer l'action en réduction ou revendication contre les tiers détenteurs des immeubles faisant partie des libéralités et aliénés par le gratifié.L'action est exercée de la même manière que contre les gratifiés eux-mêmes et suivant l'ordre des dates des aliénations, en commençant par la plus récente. Elle peut être exercée contre les tiers détenteurs de meubles lorsque l'article 2276 ne peut être invoqué.
    Lorsque, au jour de la donation ou postérieurement, le donateur et tous les héritiers réservataires présomptifs ont consenti à l'aliénation du bien donné, aucun héritier réservataire, même né après que le consentement de tous les héritiers intéressés a été recueilli, ne peut exercer l'action contre les tiers détenteurs. S'agissant des biens légués, cette action ne peut plus être exercée lorsque les héritiers réservataires ont consenti à l'aliénation.
    Le non consentement n'empêche pas la vente, mais c'est bien le consentement qui est recherché, parce qu'il protège l'acquéreur. Le non consentement implique que l'acquéreur soit pleinement éclairé des risques qu'il prend.

  6. #6
    Ancienneté
    novembre 2008
    Localisation
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    11 348

    Comme quoi il faut toujours relire le texte de loi, et non un exemple notarié que j'avais sous les yeux et qui ne mentionnait que le fait que les héritiers présomptifs renonçaient à exercer une quelconque action en réduction contre les tiers détenteurs.

  7. #7
    Ancienneté
    octobre 2005
    Messages
    10 876

    C'est sans doute une excellente chose que l'acte notarié traduise en conséquence concrète le consentement à la vente !

  8. #8
    webcath n'est pas en ligne Membre
    Ancienneté
    janvier 2012
    Messages
    1

    Bonsoir,
    Tout d'abord merci pour la clarté de vos explications, abordables à des néophytes !

    Ma mère, a construit une maison sur un terrain provenant d'une donation de ses parents (dont le dernier est décédé en 2000).
    En 2005, elle a vendu sa maison.
    Sa soeur n'est pas venue à la signature de l'acte, malgré la sommation préalable qu'elle avait reçu par huissier.
    Le notaire a donc fait mettre sous séquestre, une somme conséquente, permettant de signer la vente en attendant le consentement de la soeur.
    On avait dit à ma mère d'attendre 5 ans et qu'il y aurait prescription.

    Plus de 6 ans après, le notaire dit qu'il faut un jugement du TGI dispensant ma mère du consentement de sa soeur à la vente de sa maison pour récupérer l'argent placé sous séquestre.
    Ma mère, 82 ans, a une petite retraite et aurait bien besoin de cet argent.
    N'y aurait-il pas , avec la loi de 2006, possibilité de faire jouer la prescription des 10 ans après l'ouverture de la succession du donateur ?
    En vous remerciant pour vos conseils éclairés
    Webcath

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